La vie...

"Où va t-on ? Nulle part. Ca sera long ? Sans fin."

































Oui

On vit pour rien pour s'endormir au petit matin et négliger ses arbres secs. On vit pour bien regarder seul l'ardoise qui nous renvoie la pluie et l'aluminium qui reflète la lumière crue sur des grands murs. On vit pour suivre le destin qui nous a collé au placard avec un poisson dans le dos en attendant le premier avril. On vit pour oublier l'eau chaude qu'on a laissé sur ce drap vieux et où des milliers d'autres ont vu leur mer rouge éventrée. On vit pour ça. On vit de ça. On vit comme un pont entre deux éclairs qu'on ne voit que les yeux fermés. On vit pour essayer des habits bien trop grands qu'on ferme avec tous les boutons. On vit pour essayer de comprendre qu'on n'a rien à faire ici et qu'on y est quand même, alors on prie, on fume, on danse ou on écrit, c'est pareil, ça mange pas de pain, ça sert a rien mais les chiens nous observent et croient qu'on est drôlement plus avancés. On n'avance pas, on plante nos deux pieds dans la terre et on croit qu'on la fait tourner. On pose nos mains sur le clavier et on s'envoie du caractère, des peines de cheval et des yeux secs. On croit qu'on va s'entendre un jour mais on a très peur de se toucher parce qu'on peut bien faire des bébés, tuer des vieux singes et manger l'âme, on sait toujours pas l'heure qu'il est dans cette maison toute délabrée.

Alors on répare un fusible par ci par là, on colle une étiquette sur un pot de chagrin et on décolle nos fusées aquatiques, mais le grand amour est un garçon timide. Quand on lui parle il rentre la tête dans ses épaules et marche d'un pas mal engagé, il n'ose pas regarder en face, il a trop peur de déranger parce que lorsqu'il sonne à la porte, il laisse des morts sur le palier, il vient causer au premier venu qui devient le plus grand seigneur, le dieu qui pleure, le bleu parfait, il a dans le fond du regard des anomalies piquantes qui retiennent comme des barbelés la vie qui s'enfuirait sinon. Et ça on le sait. On vit pour ça. On vit de ça. On vit sans ça. Et puis on prie, on fume on danse, on écrit ou on s'entretue, on fait tout ça pour savoir ou pour oublier que la vie c'est un mélange d'amour et d'autre chose.

FRED BELLAICH

http://fredbel.free.fr/Unefille.htm
Des textes a lire et a relire !

Un blog avec de très belles photos : http://u-blog.net/falobarato

# Posted on Thursday, 25 November 2004 at 8:15 PM

pensées en vrac...

Crépuscule / Falo


























Le jour est déjà réservé au plus grand monde. Tu préfères vivre la nuit. Tu as besoin de cette introspection sur toi même. Tu as besoin de cette obscurité. Tu as besoin du calme de l'extérieur. Tu maîtrises enfin ton environnement. Tu mélanges ce calme avec des mélodies qui te transporte dans un monde inconnu _ loin du monde réel. Dans ta chambre, tu te sens en sécurité. Rien ne peut arriver. Rien ne peut perturber ton silence. Rien ne peut perturber tes rêves éveillés. En tout cas, tu en as toujours la vague impression.

En ce moment, tu écoutes « obstacle 1 » d'Interpol. Par association libre, tu te demandes : « quels sont tes obstacles dans ta vie ? ». Tu as envie de répondre « les autres ». Tu trouves cette phrase un peu facile mais tellement vraie. Tu n'y peux rien.

Dans la vie de tous les jours, tu cherches les "exceptions". Tu ne les trouves pas. Il faudrait sortir plus souvent pour tenter de les trouver. Pour le moment, tu les rencontres principalement à travers le net. Ta nouvelle dépendance. Ou plutôt l'une d'entre elles. Tu as besoin de ce moyen de communication pour vivre dans ce monde imparfait. Tu y retrouves encore une certaine sécurité mélangée au besoin d'être seule _ être seule sans l'être. Tu as besoin des autres. Oui. Mais pas n'importe qui. Tu veux la meilleure gamme de la ligne : Tu veux les "exceptions". Tu veux les raretés de l'espèce. Tu laisses les ratés pour d'autres. Tu n'as jamais aimé les arrêtes au fond de ta gorge.

A vrai dire, tu ressens souvent de l'indifférence pour « les autres ». Tu as l'impression qu'ils ne t'apportent rien. Tu peux les apprécier mais tu ne ressens pas le besoin de garder contacts avec eux. Ils rentrent dans des stéréotypes que tu n'aimes pas. Ils sont formatés. Ils ont abandonnés leurs rêves. L'espoir ne se lit plus dans leurs yeux. Ils avaient pourtant jurés de ne jamais devenir comme leurs parents. Ils ont ratés. Peut-être que c'est toi aussi qui n'essaie pas assez de les connaître. Peut-être.

Tu es en train de trouver tes propos durs. Tu le sais. Tu as toujours été dur envers toi même et « les autres ». Entre toi et la société. D'ailleurs, tu as toujours l'impression de vivre une sorte de combat entre toi et elle. Tu te trompes. Elle ne te remarque même pas. Tu te donnes beaucoup trop d'importance. Tu es narcissique. D'ailleurs, tu recherches des personnes qui partagent les mêmes idéologies, les mêmes goûts etc...Tu recherches des personnes qui te ressemblent sans l'ensemble de tes défauts. C'est un besoin. Tu ne veux pas vivre entourée de personnes capables de commettre des crimes sans culpabilité. Tu ne veux pas vivre entourée de personnes qui cherche juste a rentrer dans le moule sans réfléchir. Toutefois, tu as aussi du mal a vivre avec "les exceptions". Pourquoi ? car tu les apprécies trop et tu ne t'apprécies pas assez. Tu as peur de ton image.

En réalité, tu n'es pas difficile. Tu penses rechercher le minimun. Un minimum malheureusement rare. Oui, tu penses plutôt être juste que dur avec les autres. Tu les acceptes dans leur globalité tant qu'ils respectent la vie. Tu respectes et acceptes tout le monde tant qu'ils sont tolérants envers les êtres vivants. Sinon, tu sais au fond de toi qu'il y a toujours un côté d'eux que tu n'aimes pas, un côté d'eux que tu détestes. Tu le ressens. Tu ne peux pas te le cacher. Un point c'est tout.

C'est marrant, tu ne comptais pas du tout parler de ça.

Non, tu voulais parler de ton décalage entre toi et les autres. En effet, tu vas au lit quand les autres membres de ta famille se réveillent. D'ailleurs, tu entends déjà la vie à l'intérieur de ta maison : les chuchotements de ta mère pour ne pas te réveiller, les pas sur le parquet, ton petit frère qui cri, ta mère qui essaie de le calmer, l'ouverture des placards, ta mère ou ton père qui finit par s'énerver, les jouets de ton petit frère, ta lapine qui fait des tours dans sa cage etc...Oui. La vie est déjà bien présente. Ils s'animent. Tu t'éteins. D'ailleurs, tu vois déjà les premiers rayons de soleil à travers tes yeux clos prendre place dans ta chambre. Tu trouves cette lumière agréable même si elle t'empêche de t'endormir. Tu as envie de rejoindre tes rêves.

Hier : tu t'es surprise les yeux clos, les larmes aux yeux accompagnés d'un sourire nostalgique. Tu te sentais plutôt bien malgré des sujets tristes au fond de ta tête. Tu repensais a une période de ta vie qui n'a pas toujours été facile pour toi. Pour toi et ta famille. Tu repensais aussi aux disputes sans importance entre ta mère et toi.

Des sujets qui cachaient d'autres sujets tabous. Par exemple, elle voulait toujours que tu ouvres les volets de ta fenêtre. Toi, tu ne voulais pas. Contre ta volonté, elle ouvrait les volets. Tu n'avais pas le choix. Tu devais respecter ton choix car c'était « chez elle ». Ta chambre ne t'appartenait même pas. Elle rentrait dans ton intimité sans culpabiliser. Elle ne comprenait rien à ton désarroi, à ton mal être. Elle ne le voyait même pas. Elle ne pouvait pas comprendre : Le jour te faisait mal. A cette époque, tu étais en train de mourir lentement _ mourir d'un poison nommé anorexie. Tu ne voulais pas ressentir la vie : le soleil, la présence des personnes dans ta résidence, tout ces corps en mouvement étaient bien trop vivants ! Tu voulais rester enfermée dans ta chambre. Tu voulais être sûre de ne pas être vue. Tu voulais rester dans l'obscurité. Obscure comme ton âme. Obscure comme ton coeur. Tu ne pouvais pas lui expliquer. Elle pensait juste que tu faisais des caprices. Il faut dire qu'en apparence tu souriais toujours malgré ton côté impulsif que tes parents nommait « rebelle ». C'était de ta faute. Un réel défaut de communication.

Tu repensais aussi aux bons moments passés ensembles. Malgré tout. Il y en a eu beaucoup. Surtout avant tes 12 ans. D'ailleurs, tu cherchais des solutions pour vivre + de bons moments avec ta famille. Tu n'en trouves pas. Ton problème : tu te poses trop de questions sans en chercher réellement les réponses.

Tu pensais aussi aux différents thèmes que tu souhaites aborder dans ton blog. Tu veux parler de l'amitié, de l'amour , de différents souvenirs de ton enfance, de l'automutilation que tu trouves beaucoup trop tabou à l'heure actuelle etc...Oui, mais tu ne trouves pas les mots, parfois tu ne trouves plus les maux passés. Il faudra encore attendre un peu.

Tu écris trop. Peu de personnes liront cet article inintéressant. Tant pis...Tu ne sais même pas pourquoi tu racontes tout ça...Quelle importance ? Il doit bien y avoir une raison. Mais, laquelle ?

# Posted on Thursday, 25 November 2004 at 10:33 PM

Edited on Sunday, 28 November 2004 at 12:09 AM

Imposture...

Merci David pour les photos ! Mon homme a tout faire pour seulement un euro symbolique :-d (hihi oki j'arrête là ma dédicace lol) dis dis tu sais quoi ? on va voir Interpol ! yyyeeeeaaahhhh !!!


"J'ai senti une petite voix dans mon âme chuchoter
Que le tout est rien et que le rien est tout.
Car la mort est dans la vie,
et la vie dans la mort des impostures."
D. WILLIAMS Si on me touche, je n'existe plus.








Il te sourit. Tu lui trouves un côté pervers. Il s'approche de toi. Tu tentes de reculer. Il te dis que tu as de beaux yeux. Un peu + et il va te faire un poème de Prévert. Il t'envie. Tu le vomis. Il te désir. Il ne fait que te dégoûter. Il t'aime. Tu en as des hauts de coeur. Il te sert. Tu en as les larmes aux yeux. Il veut faire connaissance. Autrement dit, il veut être à l'intérieur de toi. Tu ne peux ressentir que le besoin de le propulser hors du monde. Il te suit. Tu as peur.
Il ne fait que te répéter que tu as de beaux yeux. Tu ne fais que te répéter que tu le trouves hypocrite. Tu penses que tu es en train de crever ses yeux. Tu détestes son désir. Tu veux crever l'abcès. Entre deux, il dit t'aimer. Il ne connaît même pas la vraie couleur de tes yeux. Tu sens des gouttelettes de sang à l'intérieur de toi. Tu te rappelles que tu peux donner la vie. Et tu te demandes : Qui a bien pu donner jour à un monstre de cette espèce ?

A quelques pas, tu aperçois une ombre. Est-ce une femme ? Est-ce un homme ? Tu en as aucune idée. Tu n'oses pas la regarder dans les yeux. Elle fait trembler l'ensemble de tes membres. Tu n'oses pas l'approcher. Tu ne peux pas la toucher. Elle est pure. Si pure. Tu n'es pas comme elle. Tu croises un miroir. Tu te détestes. A présent, ce sont tes yeux que tu souhaites crever. C'est ton désir que tu veux éteindre. Personne le sait : tu l'envies.

Etais-ce bien réel ? Qui pouvait bien être cette créature ?
Ce soir, une lumière luit en toi. Malgré tout, tu sens encore cette ombre à l'intérieur de toi.

Tu fuis. Loin de lui. Tu rejoins tes rêves. Près d'elle.

Tu vis par imagination.

P.S : Tu ignores que cette ombre ressent une profonde haine envers elle même.

# Posted on Friday, 26 November 2004 at 1:05 PM

Edited on Friday, 26 November 2004 at 6:59 PM

La puissance d'une larme

"J'ai mis une larme dans mon grenier. Je l'ai fait couler, je l'ai avalée. J'ai souvent pensé à une larme géante, qui arpenterait le monde, et règlerait sur son passage tous les conflits. Une grande vague réparatrice, qui ferait pousser les récoltes perdues et manger les affamés, qui linifierait les fusils, détremperait le mal, noierait l'offense. Une vague de plaisir, sensible et guérisseuse, pour laquelle rien ne sera trop fou, trop difficile." Claire Castillon "le grenier"

Autre bouquin de C.Castillon « la reine claude » ou encore "Je prends racine". Elle possède vraiment son propre style d'écriture et d'univers. Excellent ! Merci Amandine pour ce conseil !

# Posted on Friday, 26 November 2004 at 1:45 PM

Edited on Friday, 26 November 2004 at 4:22 PM

Contre la guerre...Pour la PAIX...

Le déserteur /Boris Vian

Monsieur le Président
Je vous fais une lettre
Que vous lirez peut-être
Si vous avez le temps
Je viens de recevoir
Mes papiers militaires
Pour partir à la guerre
Avant mercredi soir
Monsieur le Président
Je ne veux pas la faire
Je ne suis pas sur terre
Pour tuer des pauvres gens
C'est pas pour vous fâcher
Il faut que je vous dise
Ma décision est prise
Je m'en vais déserter

Depuis que je suis né
J'ai vu mourir mon père
J'ai vu partir mes frères
Et pleurer mes enfants
Ma mère a tant souffert
Elle est dedans sa tombe
Et se moque des bombes
Et se moque des vers
Quand j'étais prisonnier
On m'a volé ma femme
On m'a volé mon âme
Et tout mon cher passé
Demain de bon matin
Je fermerai ma porte
Au nez des années mortes
J'irai sur les chemins

Je mendierai ma vie
Sur les routes de France
De Bretagne en Provence
Et je dirai aux gens:
Refusez d'obéir
Refusez de la faire
N'allez pas à la guerre
Refusez de partir
S'il faut donner son sang
Allez donner le vôtre
Vous êtes bon apôtre
Monsieur le Président
Si vous me poursuivez
Prévenez vos gendarmes
Que je n'aurai pas d'armes
Et qu'ils pourront tirer

P.S : Le dernier très bon film que j'ai vu contre la guerre et au sujet d'une histoire d'amour : "Un dimanche de fiancailles" / P.Jeunet ! A voir !

# Posted on Friday, 26 November 2004 at 1:56 PM